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Velkris

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1. Résumé

Les Velkris forment une puissance aristocratique née sur Gorathun, planète de plaines vastes, de vallées profondes et de faune historiquement meurtrière. Leur civilisation s’est structurée autour d’une idée simple (et toxique) : la domination ne se prouve pas par la force brute, mais par la capacité à imposer un cadre — économique, juridique, narratif.

Ils règnent depuis des cités surélevées, dont les quartiers aristocratiques reposent sur des plateformes en lévitation fixe : on ne les atteint pas sans moyens aériens. Ce n’est pas une coquetterie d’architecte ; c’est une métaphore sociale rendue matérielle : l’aristocratie est littéralement “au-dessus”, donc hors d’atteinte.

Leur outil le plus emblématique est le réseau de Vantrelis, miroirs d’Opalys reliés entre eux : communication privée, passages contrôlés, et en cas d’urgence une téléportation possible — rare, car énergivore. Leur puissance publique, elle, porte un nom limpide : La Balance Onirique, réseau commercial majeur, officiellement “neutre”, officieusement “orientable”.

Enfin, leur marque infâme est juridique autant que métaphysique : l’esclavage éthérique. Les Velkris savent apposer sur la signature éthérée d’un mortel une marque lisible de dette ou d’asservissement : une domination qui se voit, donc qui s’institutionnalise.

 

2. Physionomie, esthétique et symbolique

2.1 Une beauté opale pensée comme statue

Les Velkris ressemblent à des humanoïdes élancés, souvent perçus comme “trop beaux” pour être innocents. Leurs traits sont nets, la posture tenue, le regard calibré. CetteLeur beauté n’est pas un hasard biologique : elle est une armediscipline socialeculturelle. :Tout, ellechez affirmeeux, tend vers une supérioritéimpression avantde mêmemaîtrise — le maintien, la conversation.

posture,

Leurla façon de regarder, la manière d’êtrede estsourire rarementsans relâchée.s’offrir. Même quand ils “se détendent”, ils gardent une maîtriseceux qui ressemblene portent aucun titre semblent avoir appris très tôt qu’un corps peut être un argument. On les dit statufiés, non parce qu’ils seraient froids par nature, mais parce qu’ils sont entraînés à unne rôle.jamais laisser l’émotion gouverner la façade.

 

Cette esthétique est un langage social. Là où d’autres peuples se parent pour séduire, les Velkris se parent pour prouver : prouver qu’ils sont stables, qu’ils ne manquent de rien, qu’ils tiennent un rang, qu’ils ont du crédit — au sens moral comme au sens financier, puisque chez eux les deux finissent par se confondre.

2.2 Matériaux et palette : opale, or, gemmes et dorures

LeurL’or, esthétiqueles privilégiefiligranes, les gemmes serties comme des sceaux : chez les Velkris, ces signes ne sont pas de la décoration, ce sont des certificats implicites. Un bijou ne dit pas seulement “je suis riche”, il dit “je suis adossé à une lignée, à des dettes, à des protections”. Même les étoffes semblent pensées pour capter la lumière et renvoyer une impression de netteté, comme si la propreté visuelle était un droit, et la saleté une honte.

 

LesIl métauxfaut noblesinsister (or,sur alliagesce dorés, filigranes) ;

Les gemmes (souvent en cabochon, serties comme sceaux) ;

Les blancs nacrés, les rouges profonds, les verts émeraude, les bleus froids.

Ils valorisent l’objet “signifiant”point : unl’apparence bijouvelkris n’est pas décoratif,une coquetterie, c’est une technique d’ascension. Le peuple velkris n’est pas uniformément aristocrate, mais il déclarea intégré une dette,idée : l’élévation passe par le contrôle de soi. Une tenue, une lignée,diction, un droit.geste bien tenu peuvent valoir une porte entrouverte.

 

2.3 Symboles discretsrécurrents : élévation, masque, miroir

Trois motifs reviennentstructurent partoutleur :

imaginaire.

 

L’L’Éélévation d’abord : villes rehaussésurélevées, plateformes aristocratiques,en lévitation, architecture verticale.

verticale

; la hauteur devient statut. Le Masquemasque ensuite : politesse absolue,extrême, douceur de surface, agressivité en sous-texte ; la violence rhétoriquedoit contenue.

rester

“présentable”. Le Miroirmiroir enfin : pas comme vérité, mais comme contrôle du point de vue.vue ; chez les Velkris, la réalité est rarement niée frontalement, elle est plutôt recadrée, tournée, et rendue plus utile.

 

3. Métaphysique : signature éthérée, dette et Vantrelis

3.1 La signature éthérée : trace vitale et lisible

Chaque mortel possèdeporte une signature éthérée : une présence, une empreinte,, une cohérence interne.métaphysique Ellequi peut se perturbertroubler (mensongesous effronté,l’effet terreur,d’un mensonge, d’une panique, d’une rupture émotionnelle),brutale. maisLa plupart ne savent pas la lire ; certains y sont formés. Les Velkris, eux, ont fait de cette lecturenotion resteun difficileinstrument etsocial réservée: auxils initiés.n’ont pas seulement appris à observer, ils ont appris à inscrire.

 

3.2 La dette comme empreinte : marquer sans enchaîner (au début)

LesLorsqu’un Velkris (commeparle de dette, il ne parle pas seulement d’autresargent cultures: contractuelles)il parle de lien, de statut, de possibilité. Ils savent “tamponner”apposer sur la signature d’un débiteur :une laempreinte marque de dette est proportionnelleproportionnée à l’engagement. PetiteUne petite dette :laisse une trace fine.fine, Dettepresque abyssaleanodine. :Une empreintedette astronomique imprime une marque lourde, persistante.

persistante,

Lequi pointfinit critiquepar :modeler la manière dont les autres vous regardent. La dette velkris est rarement “neutre”. Elle devient un levierfait desocial, comportement,et pasplus seulementun desimple remboursement.chiffre.

 

3.3 L’esclavage éthérique : marquer pour rendre l’état indiscutable

Là où d’autresle reste du monde s’arrêtentte souvent à la dette, les Velkris saventont apposercodifié une marque d’asservissement : une perturbation si nette qu’elle perturberend fortement la signature, au point d’être reconnaissable par presque tous. Lele statut d’esclave devientlisible, alorsmême unpour faitdes “visible”non-initiés. C’est donc socialementtout consolidé.

le

Remarque contradictoirecynisme : ce système se prétend “propre” parce qu’il est lisible. Or, rendre une domination lisiblevisible ne la rend pas plus moralemorale, ;mais celaelle la rend juste plus stable.

stable.
Un

esclave “marqué” n’a pas seulement des chaînes : il a une preuve, et la preuve devient normalisation.

3.4 Vantrelis : réseau de miroirs et souveraineté privée

Les Vantrelis sont des miroirs d’Opalys reliés,s chacunentre “accordé”eux dans un réseau fermé. Ils ne se connectent pas à unn’importe quel miroir : ils obéissent à une logique d’appartenance et de maîtretrise légitime. IlsLeur permettentintérêt est triple :

parler

sans

latémoin, communicationse discrètedéplacer entrevia toursdes points contrôlés, et famillesparfois ;

letrès passagerarement, viacar cela coûte une quantité d’Éther considérable — s’extraire d’un autredanger miroirpar connectéune (réseau fermé, pas “tous les miroirs”) ;

la téléportation d’urgence vers un lieu secret (coût énergétique extrême, usage rare).secret.

La rareté de l’Opalys impose une limite structurante : les Vantrelis ne sont pas des jouets omniprésents. Chaque installation hors de Gorathun est un choix stratégique, pas un caprice. Les Velkris ne voient pas tout ; ils voient ce qui vaut le prix.

4. Chronologie relative

La chronologie velkris se lit comme une montée en sophistication : survivre, puis se protéger, puis dominer, puis payer les conséquences.

Phase I — La Soufflante (Prélude)

Gorathun connaît une période de chaos : tensions tectoniques passées, mais surtout une vague de faune vorace qui dévaste les premiers regroupements velkris. Une part massive de la population disparaît. Le traumatisme devient mythe fondateur : “nous avons été balayés”.

Conséquencepuis :vient la naissance d’une obsession de sécurité et d’humiliation.humiliation.

 

Phase II — Cités surélevées et aristocratie “intouchable”

Les Velkris surélèvent leurs villes pour neutraliser les menaces terrestres. L’aristocratie naissante transforme l’idée en symbole : ses demeures et tours reposent sur des plateformes lévitantes fixes,fixes, rendant l’accès physiquement inégal.

Conséquence : leLe pouvoir s’inscrit désormais dans l’architecture ; la classe sociale devient une altitude.

 

Phase III — Rhétorique comme éducation d’État

L’enfance velkris intègre l’art du verbe : consensus faussé, renversement sémantique, diplomatie agressive. Le récit devient un champ de bataille propre.

propre

Conséquence :et la violence se déporte du muscle vers la langue.langue.

 

Phase IV — Opalys et stabilisation des Vantrelis

Découverte et exploitation de l’Opalys, matériau clé des miroirs. Les Vantrelis se stabilisent ; l’aristocratie se dote d’un réseau privé de coordination et de fuite.

Conséquence : laLa domination acquiert un système nerveux.nerveux, dynamique, rendant à chaque urgence une fuite possible. 

 

Phase V — Naissance de la Balance Onirique (Voyage, ~An 405)

Création de La Balance Onirique, réseau commercial public devenu central, finançant l’exploration et profitant de la mise en contact des races durant l’ère du Voyage.

L

Conséquence : lee pouvoir velkris cesse d’être local ; il devient interplanétaire. et fonctionne de manière autonome du fait du besoin commercial des autres races.

 

Phase VI — Codification de la dette et de l’esclavage éthérique

Institutionnalisation : dette lisible, esclavage lisible, droit applicable. Le contractuel devient une machine à produire de la main-d’œuvre et des “obligés”.

Conséquence : l’L’économie devient une fabrique de dépendancespendances, et la production connaît un essor jamais égalé.

 

Phase VII — L’ÉcumeInfluence, Nébuleuse, puis laconflits, guerre chaude avec les Urhaalopportune

Après la Grande Guerre, la piraterie explose : l’Écume Nébuleuse s’impose comme constellation pirate, et la Balance Onirique entre en conflit d’influence avec elle.

Dans la même période d’isolement partiel autour de l’arrivée des Myrrhoï (déplacements physiques rendus plus difficiles), la rivalité Urhaal/Velkris bascule en guerre chaude (ouverte(≈ 2720–2750). Les Velkris conquièrent les terres au nord des Steppes de Draal, riches en minerai, avant qu’un arrêt imposé ne tombe : l’Ultimatum des Sables.

Conséquence : lesLes Velkris gagnent du sol, perdent du crédit moral, et cimentent une haine durable.

 

Phase VIII — Conseil Lunaire, échec, purge drakhil et reconfiguration

Des aristocrates velkris participent au Conseil Lunaire : tentative de terraformer Ciem’rak et de rendre le monde karokh inhabitable — projet explicitement génocidaire. La conspiration échoue ; la Tusk détruit le Conseil Lunaire.

Peu après (≈ 3351), les Drakhil interviennent : purge d’une partie de la population et élimination de l’aristocratie compromise, à l’exception notable de la famille Dibha, opposée au projet et ayant aidé à le contrecarrer.

Conséquence : lesLes Velkris survivent, mais changent de ton : moins d’hubris affiché, plus de prudence — sans renoncer à la dette, ni à l’esclavage.

 

5. Psychologie collective et rapports au vivant

5.1 Complexe de supériorité, né d’une humiliation

LeLes paradoxeVelkris velkrissont :souvent ilsdécrits secomme viventarrogants, supérieurs,et c’est vrai — mais leurce mythen’est fondateurpas une arrogance sereine. Leur superbe est une défaite.cuirasse Ilsposée compensentsur parune mémoire d’impuissance : la Soufflante a imprimé l’idée qu’un peuple peut être balayé en une saison, et la maîtrise,rencontre laavec beauté,les laUrhaal loi.a ajouté une humiliation culturelle à l’humiliation matérielle. De là naît une obsession : ne plus jamais être “au sol”. Tout ce qui ressemble à un abaissement — défaite, dépendance, perte de face — est vécu comme une menace existentielle.

 

5.2 Le nombre, la manipulation, la dissimulation

C’est pourquoi ils investissent autant dans le verbe, le droit et la mise en scène. Ils préfèrentne veulent pas seulement gagner ; ils veulent que le monde reconnaisse qu’ils ont gagné, même quand la réalité est plus trouble. Et lorsqu’ils ne peuvent pas écraser un adversaire, ils cherchent à le rendre impraticable : l’influence au duel,endetter, l’encerclementencercler ausocialement, choc,le l’endettementdégrader àpubliquement. laLeur conquêtecruauté frontale.n’est Quandpas ilstoujours ontspectaculaire de; bonselle combattants, ce sontest souvent des spécialistes au service d’élites qui délèguent la violence.administrative.

 

5.3 Tendresse envers l’enfance (et contradiction morale)

LesEt Velkrispourtant, il existe chez eux une contradiction qui les rend plus dangereux encore : la tendresse qu’ils éprouvent pour l’enfance. Ils supportent mal l’idée de l’enfantorphelin abandonné., L’adoptionnon existe,par ymorale compris “utile” —universelle, mais parfoispar sincère,une presquesensibilité instinctive.profonde Celaqu’ils n’expliquent pas eux-mêmes. Cette tendresse ne les rendabsout pas bons ; celaelle lesmontre rendseulement humains,que doncleur incohérents.civilisation n’est pas un monolithe de cynisme. Elle a des zones molles, et c’est parfois par ces zones qu’un Velkris peut être approché… ou manipulé.

Remarque contradictoire : cette tendresse cohabite avec l’esclavage. Donc elle n’est pas une morale ; c’est une zone de sensibilité.

 

6. Organisation politique et administrative

6.1 Le Concile d’Argent et les Veyl’Ras

Le pouvoir velkris reposeest suraristocratique, lemais il n’est pas seulement héréditaire : il est performé. Le Concile d’Argent, assembléréunit les familles les plus riches et les plus influentes, chacune représentée aristocratique.par Chaqueun Veyl’Ras. représenteGouverner une familletour ou une portion de cité, ce n’est pas simplement administrer ; c’est aussi incarner un rang, entretenir un réseau de dettes et gouvernede unprotections, territoireet urbain,prouver avecen sonpermanence réseau,que sesl’on gardes,reste ses“au-dessus” débiteurs.— au sens social comme au sens littéral, puisque l’architecture elle-même matérialise la hiérarchie.

 

6.2 Le Veyl’Rex : centralisation post-purge

Après la purge drakhil, unla politique velkris a connu une parenthèse d’unité contrainte : le titre émerge pour stabiliser :de Veyl’Rex, autorités’impose comme figure centrale de reconfiguration, d’abord incarnéportée par laLáthal lignéeDibha. Dibha.Cette centralisation n’a pas effacé les rivalités internes, mais elle a imposé une discipline nouvelle : on peut se haïr, on peut se ruiner, mais on ne peut plus se permettre d’être collectivement “indéfendables” aux yeux des puissances capables de revenir juger.

 

6.3 Administration : droit, contrats, secrets

TroisL’administration brasvelkris structurents’articule l’Étatdonc :

Juristesautour de dettetrois (litiges,nerfs : la gestion des dettes et marques, confiscations)la ;

maîtrise

Servicesdu économiquescommerce liés àvia la Balance OniriqueOnirique, ;et des services discrets (renseignement, contre-influence, sécurité) qui assurent que le droit s’applique… même lorsque le droit est écrit pour avantager ceux qui l’écrivent.

Services secrets (surveillance, contre-complot, opérations discrètes).

 

7. Doctrine centrale : “Le récit prévaut, le droit applique”

LaChez les Velkris, la doctrine velkriscentrale n’est pas un sermon moral ; c’est une méthode qui signifie d’abord que l’histoire ne ditse conserve pas, elle se construit. Une défaite n’est pas “nousun sommesfait justes”. Elle ditsacré : nousc’est sommesun capablesmatériau d’imposerà retravailler. On n’efface pas l’événement, on en change la lecture. Et si la lecture convainc, elle devient à son tour une lecture,vérité sociale, puis deune lavérité faire entrer dans un cadre légal.politique.

 

Le récitsecond prévautvolet est plus froid : l’histoire se construit par les victoires, ou par la manière de les raconter.

Lele droit applique : la loi n’est pas une morale ;morale, c’est uneun autorisationmécanisme ded’autorisation. faire.Le droit velkris protège l’ordre, oui — mais l’ordre tel qu’ils le définissent, avec ses dettes, ses marques, et ses hiérarchies. C’est ainsi qu’ils peuvent défendre des pratiques douteuses sans même se vivre comme cruels : si c’est légal, c’est défendable ; si c’est défendable, c’est “juste” au sens velkris du terme.

 

Ce que lacette doctrine interdit (principalement)réellement :

n’est

pas

“le

Lamal”, trahisonmais intraracialece (briserqui lemenace la stabilité du cadre interne,: affaiblirla trahison intraraciale, parce qu’elle fissure le récit)cit ;

collectif,

Laet la violence “vulgaire” qui ruinerendrait la respectabilitéjustification (onimpossible préfèreà tenir. C’est là le scandaleparadoxe maîtrisé: àils peuvent être agressifs, mais ils veulent que l’agression reste présentable. Enfin, l’exception Dibha montre la barbariemécanique visible).interne : une trahison est condamnée… sauf si elle peut être réécrite comme fidélité supérieure au peuple.

Paradoxe assumé : les Velkris peuvent violer le droit d’autrui tout en se prétendant gardiens du droit — parce que, dans leur logique, le droit est d’abord un outil, ensuite une limite.

 

8. Science, économie et expansion

8.1 Opalys : ressource, souveraineté, rareté

L’Opalys est au cœur de la souveraineté velkris : il ne sert pas qu’à produire des miroirs, il sert à produire un monde où l’information, l’accès et la fuite sont contrôlés. Ce minerai rarissime impose une logique de rareté stratégique : sans lui, pas dechaque Vantrelis fiables.posé, Sachaque raretéconnexion imposeentretenue, est un choixinvestissement : chaque miroir placé hors de Gorathunqui doit êtrerapporter justifié.— en sécurité, en influence, ou en avantage économique.

 

8.2 La Balance Onirique : puissance publique, influence opaque

LaC’est là que la Balance Onirique devient le bras public idéal. Fondée vers l’an 405 pendant l’ère du Voyage, elle a d’abord financé l’exploration et aidé les voyageurs ; puis, en devenant l’infrastructure “évidente” du commerce, elle a transformé la circulation des biens en circulation d’obligations. Tout le monde peut l’utiliser ; c’est précisément pour cela qu’elle est connuepuissante. Plus elle est publique, plus la dépendance devient normale, et plus il devient difficile de tousdistinguer ;le sonservice lienrendu auxdu Velkrispiège est connu ; la manière dont ils l’orientent reste difficile à prouver. Elle sert à financer, assurer, arbitrer, et parfois étouffer.tendu.

 

8.3 Expansion : par contrats plutôt que par drapeaux

LesL’expansion Velkrisvelkris colonisentne rarementressemble “endonc déclarant”.pas à une conquête classique. Ils s’installentpréfèrent viala colonisation contractuelle : s’installer par le crédit, verrouiller par la dette, et rendre la sortie plus coûteuse que la soumission. Quand ils doivent employer la force, ils le font — mais ils cherchent à la faire passer pour une nécessité, jamais pour un désir.

 

Créances,

Monopoles,

Logistique,

Dette culturelle (dépendance au service rendu).

 

9. Rites, sacré et mécanique du quotidien

9.1 Les Conflits narratifs

DuelsLes Velkris n’ont pas besoin d’une religion tonitruante : leur sacré est social. Les Conflits narratifs sont l’un de leurs rites les plus révélateurs : des duels oratoires publics, impeccablement polis, impeccables. On s’y détruit sans élever la voix.violence ne passe pas par l’insulte directe mais par l’humiliation sophistiquée. On y gagne :une réputation, un protecteur, parfois une place dans l’orbite d’une maison aristocratique. On y perd surtout la face, ce qui chez eux équivaut parfois à perdre un avenir.

 

Du prestige,

Des protections,

Parfois une adoption ou un mariage aristocratique.

 

9.2 Les Mascarades d’Argent

Sur placesla publiques,place publique, des tribuns-acteurs rejouent l’actualité et l’histoirepolitique, économique, militaire — sous forme de théâtre sophistiquéintelligent, :souvent c’mordant, parfois élégant. L’important n’est àpas lad’informer, foismais divertissement,de transformer l’événement enmoire,moire et réécriture collective.partagée. Ce n’est pas toujoursune unpropagande complotcentralisée ;: souvent,c’est plus dangereux que ça, c’est une culture qui se raconte ce qu’elle veuta croire.besoin de croire, jusqu’à ce que la version devienne réalité sociale.

Enfin, certains rites d’État restent discrets mais structurants : l’investiture d’un Vantrelis (qui reconnaît un maître légitime), le scellement de l’Opalys (qui protège l’actif), et l’acte de marque (dette ou asservissement) qui fait basculer une existence dans un statut.

10. Vie quotidienne : enfance, travail, liens

10.1 Enfance : verbe, histoire, langues

L’enfance velkris commence tôt, non pas par des “matières”, mais par une discipline : apprendre à exprimer, à convaincre, et surtout à ne pas se trahir. On leur enseigne la rhétorique comme d’autres enseignent la chasse : c’est une compétence de survie dans un monde où la force brute ne suffira pas toujours. L’histoire occupe une place centrale, non pas comme mémoire neutre, mais comme réservoir de récits — on apprend à comprendre les versions, à détecter les angles, à sentir où se loge l’intérêt.

Ce qui est frappant, c’est que cette éducation insistene surproduit :

pas

la rhétorique,

l’histoire (et ses “versions”),

la compréhensionforcément des autresmenteurs cultures,

constants

l’apprentissage; elle produit des individus capables de tenir plusieurs lectures en même temps. Ils apprennent aussi l’Étherther, (lectureparce fineque la signature éthérée n’est pas un sujet de temple : c’est uneservéealité auxjuridique meilleurs)et sociale. La plupart ne savent pas marquer finement, mais tous comprennent ce que signifie être marqué.

 

10.2 Travail : l’élévation comme valeur-pivot

MétiersChez dominantsles Velkris, on travaille pour s’élever : s’élever en crédit, en apparence, en précision, en utilité. Le commerce et la négociation sont valorisés non parce qu’ils rapportent, mais parce qu’ils prouvent une capacité à organiser le monde. L’artisanat noble a la même fonction : travailler le beau, travailler le durable, c’est prouver qu’on domine la matière comme on domine le récit. Même la guerre obéit à cette logique : l’armure parfaite et l’arme efficace sont des compensations assumées, presque élégantes, pour ne pas dépendre d’une supériorité physique.

commerce, négociation, arbitrage ;

artisanat de luxe et matériaux nobles ;

armement/armures (technologies compensatrices) ;

militaire spécialisé (moins de masse “héroïque”, plus d’unités d’élite).

 

10.3 Liens : cour, romance, alliances

Le mariage velkris est souvent public, parfois politique, surtout dans l’aristocratie — un peu comme dans les anciennes cours : on se marie pour consolider, pour grimper, pour relier. Ils aiment se faire la cour, réellement. Ce romantisme est paradoxal : il est verbal, il aime le détour, mais il existe dans toutes les strates socialessociales. : le jeu deDans l’espritintime, avantils la chair. Le mariage peutpeuvent être alliance,étonnamment chaleureux, parfois même tendres. L’adoption, elle, est à la fois utilitaire et sincère : oui, on “choisit” parfois un enfant prometteur, mais l’intime n’est pas réduit au masque : il existe aussi une vraieimpulsion romancevelkris velkris,profonde parfoiscontre surprenante.l’abandon.

 

11. Diplomatie et réputation

11.1 Alliances et affinités

Les Velkris ont une diplomatie qui ressemble à de la politesse, mais qui fonctionne comme une guerre froide permanente. Ils ne cherchent pas l’accord “juste”, ils cherchent l’accord défendable. Ils tolèrent (voiremieux respectent)certaines davantagecultures :qui servent leur logique — même si la rivalité guette.

 

Saaride (idéal de perfection),

Oskarn (science utile),

Kragnir (affinité économique, rivalité contenue),

Certains cercles K’Sarim (respect scientifique, méfiance culturelle).

 

11.2 Hostilités et mépris

UrhaalQuand on les accuse, ils ne répondent pas en se justifiant : ils répondent en requalifiant l’accusation, en déplaçant la cause, en proposant un récit où la faute devient nécessité, et la nécessité devient vertu.  Avec les certaines, c’est une haine historique,structurante : trop d’histoire, trop de sang, trop d’humiliation, et une guerre ouvertedont puisles froide.

braises

Karokhn’ont :jamais vraiment refroidi. Avec les d'autres, c’est la peur stratégique ;: le Conseil Lunaire visaitfut leurune tentative de supprimer un futur obstacle, et l’éradication.chec a coûté cher.

Races jugées “faibles” (ex. Nyssari, Arovians, Sevrin, etc.) : politesse glaciale, condescendance.

 

12. Tabous et exceptions

12.1 Tabous fréquents

Trahir un Velkris au profit d’un étranger.

Profaner un Vantrelis (ou en briser le droit d’accès).

Exposer publiquement une turpitude qui détruit le récit collectif.

Toucher aux enfants (tabou social fort, même chez les cyniques).

 

12.2 Exceptions

La famille Dibha incarne l’exception structurantefondatrice : trahisontrahir “interne”un cercle aristocratique au nom du salut collectif. LeChez faitles Velkris, cela devient acceptable parce que cela devienne héroïque montre une règle velkris : la trahison est condamnée… sauf quand elle devient récit victorieux. — et donc reconstruisible comme fidélité supérieure.

 

13. Glossaire

Gorathun : monde berceau velkris.

Opalys : minerai clé des miroirs.

Vantrelis : miroir d’Opalys relié au réseau velkris.

Concile d’Argent : aristocratie décisionnaire.

Veyl’Ras : représentant aristocratique d’une lignée.

Veyl’Rex : titre central post-purge, stabilisateur.

Balance Onirique : réseau commercial public majeur (fondé ~An 405).

Signature éthérée : empreinte métaphysique d’un mortel.

Marque de dette / d’asservissement : tampons éthériques velkris.

Conflits narratifs : duels oratoires publics.

Mascarades d’Argent : théâtre-mémoire et réécriture publique.

Écume Nébuleuse : constellation pirate.

Steppes de Draal : terres urhaal (nord riche en minerai, conquis partiellement).

Ultimatum des Sables : accord imposant l’arrêt de la guerre chaude.

 

14. Tensions et paradoxes

Ils prêchent le droit,droit, mais utilisent le droit pour légitimer l’inacceptable.

Ils se disent pacificateurs,pacificateurs, mais déclenchent des offensives “propres”.

Ils interdisent la trahison,trahison, mais glorifient l’exception quand elle sauve la face.

Ils adorent l’élévation,vation, car ils ont connu l’écrasement.

Ils savent aimer (enfants, romance), sans cesser de réduire d’autres vies en instruments.