Kreth’Varn et Yd’Vael
1. Résumé
Kreth’Varn et Yd’Vael sont deux Immortelles issues de la divinisation réussie des jumelles valren Midas et Magus en l’an 301. Elles occupent une place singulière parmi les déités connues : leur existence repose à la fois sur une base historique documentée — celle de deux Mortelles ayant vécu sur Iodranis — et sur une postérité divine dont les effets sont traités comme majeurs dans les traditions mortelles.
Kreth’Varn, anciennement Midas, est généralement associée à la Forme, à la matière, à l’accomplissement et à la stabilisation du possible dans le réel.
Yd’Vael, anciennement Magus, est généralement associée au Principe, à la pensée, à la possibilité et à l’architecture invisible de ce qui peut advenir.
Les traditions valren les considèrent comme les premières Mortelles à avoir accompli le rituel de divinisation sans corruption. Leur intervention la plus célèbre demeure le bannissement des Daekhirs en 2720, à la fin de Dra’Voïna, ainsi que la création de l’Abîme Scellé, ou Varn’Dhaekyr, dimension-prison destinée à enfermer les Dieux du Chaos.
Leur culte reste particulièrement fort chez les Valren, où elles sont vénérées comme déesses, ancêtres sacrées, protectrices du savoir et figures ultimes de responsabilité face à l’Éther.
2. Statut et existence
L’existence de Kreth’Varn et Yd’Vael est généralement traitée comme certaine dans les traditions historiques et religieuses liées aux Valren. Leur statut se distingue de celui des divinités dont l’existence dépend surtout d’un culte récent, d’une secte ou d’une reconstruction doctrinale : elles possèdent une identité mortelle documentée, puis une continuité divine reconnue par des événements majeurs.
Plusieurs éléments soutiennent leur statut d’Immortelles :
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la réalité historique de Midas et Magus avant 301 ;
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leur disparition mortelle après le rituel de divinisation ;
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la persistance de traditions convergentes autour de leurs noms divins ;
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leur rôle attribué dans le bannissement des Daekhirs ;
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la création de Varn’Dhaekyr ;
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l’existence des Dragons élémentaires comme gardiens liés à leur œuvre ;
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les témoignages théologiques et fragments attribués à Amïegor Tchouvak.
Leur puissance actuelle est décrite comme stable, mais volontairement distante. Elles peuvent, selon les traditions, répondre à certaines prières ou favoriser des intuitions, mais leur intervention directe sur le plan Mortel demeure rare, voire absente depuis la fin de Dra’Voïna.
Cette retenue est généralement interprétée comme un choix moral. Kreth’Varn et Yd’Vael auraient conservé une affection profonde pour les Mortels, sans vouloir transformer leur liberté en dépendance divine.
3. Domaine et dogme attribués
3.1 Kreth’Varn
Kreth’Varn est rattachée aux domaines suivants :
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Forme ;
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matière ;
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accomplissement ;
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stabilisation ;
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œuvre achevée ;
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passage du possible au réel.
Elle est souvent comprise comme la puissance qui donne forme à ce qui peut exister. Les traditions valren l’associent aux gestes de construction, de protection, de réalisation et d’ancrage. Kreth’Varn représente ce qui prend corps sans trahir son principe.
Dans les lectures les plus sobres, elle n’est pas une créatrice absolue. Elle incarne plutôt la possibilité qu’une idée, une volonté ou une structure trouve une forme juste dans le monde.
3.2 Yd’Vael
Yd’Vael est rattachée aux domaines suivants :
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Principe ;
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pensée ;
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possibilité ;
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modèle invisible ;
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architecture conceptuelle ;
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ouverture de ce qui peut advenir.
Elle est généralement comprise comme la puissance qui précède la forme. Les traditions valren l’associent à l’intelligibilité, à la conception, au choix du possible et aux lois profondes permettant au réel de ne pas être seulement matière.
Yd’Vael est invoquée dans les contextes d’étude, de doute, d’invention, de recherche et de décision intellectuelle. Elle représente l’instant où le monde peut encore prendre plusieurs directions.
3.3 Lecture commune
Kreth’Varn et Yd’Vael sont rarement pensées séparément dans la tradition valren. Leur dualité repose sur une relation de complémentarité : concevoir et faire advenir, penser et former, ouvrir le possible et l’accomplir.
Cette lecture évite de les placer au-dessus de toute cosmologie comme déesses suprêmes de la création. Elles incarnent plutôt deux pôles divins de la manifestation par l’Éther.
Le dogme le plus courant peut se résumer ainsi :
Toute forme digne d’exister doit être pensée avec justesse ; toute pensée juste doit accepter l’épreuve de la forme.
4. Origine et diffusion
4.1 Origine mortelle
Kreth’Varn et Yd’Vael furent d’abord Midas et Magus, deux jumelles valren originaires d’Iodranis. Leur vie mortelle s’étend de 237 à 301, à la jonction de l’Astra’Lud et du Sôl’Vorys.
Elles sont connues pour avoir compris les Cinq Lois de l’Éther : Structuration, Conservation, Transmutation, Potentiel et Résonance. Leurs travaux permirent de transformer la manipulation éthérique en savoir transmissible, puis de fonder la Haute Académie de Solvoris.
Leur divinisation en 301 fut accomplie à travers un rituel dont la nature exacte reste interdite et fragmentaire. Les traditions évoquent un seuil solaire, un accord parfait avec l’Éther et quatre artefacts surpuissants créés par les jumelles.
4.2 Diffusion du culte
Le culte de Kreth’Varn et Yd’Vael est d’abord valren. Il se développe autour de la mémoire de Midas et Magus, puis autour de leur statut d’Immortelles.
Sa diffusion hors d’Iodranis se fait plus progressivement, par plusieurs voies :
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l’influence de Solvoris ;
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les traditions savantes liées à l’Éther ;
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les récits du bannissement des Daekhirs ;
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les relations entre peuples après les premières ères de voyage ;
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la reconnaissance de leur rôle durant la fin de Dra’Voïna.
Chez les peuples non valren, leur perception varie fortement. Certaines traditions les respectent comme figures de sagesse et de protection. D’autres les regardent avec crainte, car leur réussite a rendu possible l’idée même d’une divinisation mortelle, idée dont les Daekhirs représentent la corruption la plus tragique.
5. Fidèles et pratiques
5.1 Fidèles
Les fidèles les plus nombreux et les plus anciens de Kreth’Varn et Yd’Vael se trouvent chez les Valren.
Elles y sont priées comme :
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ancêtres sacrées ;
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protectrices du savoir ;
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modèles de responsabilité éthérique ;
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gardiennes morales de Solvoris ;
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exemples de talent accompli sans corruption ;
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figures de protection face aux dérives de l’ambition.
D’autres Mortels peuvent leur adresser des prières, surtout dans les milieux savants, académiques, diplomatiques ou éthériques. Leur vénération reste cependant plus structurée chez les Valren que chez les autres peuples.
5.2 Rituels
Les pratiques attribuées à leur culte restent sobres. Elles prennent souvent la forme de gestes de gratitude, de méditation, de serments d’étude ou de prières avant une recherche risquée.
Les formes les plus courantes sont :
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prières avant travaux éthériques ;
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serments de responsabilité prononcés par certains chercheurs ;
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dépôt d’offrandes symboliques dans des lieux d’étude ;
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remerciements après résolution d’un danger ;
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méditations sur la justesse d’une forme ou d’une décision ;
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invocation de protection avant l’usage d’un savoir sensible.
Les sources valren insistent généralement sur le fait que la vénération de Kreth’Varn et Yd’Vael ne dispense jamais de méthode. Une prière sans rigueur est considérée comme vide ; une rigueur sans responsabilité est jugée dangereuse.
5.3 Tabous
Les tabous liés aux deux Immortelles concernent surtout l’usage irresponsable de l’Éther.
Sont généralement condamnés :
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la tentative de reproduire leur rituel de divinisation ;
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la recherche active des quatre artefacts du rituel ;
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l’usage de l’Éther sans méthode ni contrôle ;
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l’étude d’un savoir dangereux sans cadre de transmission ;
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la confusion entre admiration et imitation ;
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toute tentative de forcer le passage vers le plan Immortel.
Le tabou principal demeure la divinisation mortelle. Midas et Magus l’ont accomplie sans corruption ; leur réussite n’est pas un précédent autorisant la répétition. Dans la plupart des traditions valren, elle constitue plutôt une preuve de danger : même l’exploit le plus pur peut devenir catastrophe lorsqu’il est imité sans compréhension.
6. Rapport aux Valren
Chez les Valren, Kreth’Varn et Yd’Vael occupent une place presque fondatrice.
Elles représentent l’idéal valren poussé au-delà du Mortel : savoir, courage, mesure, responsabilité, protection et capacité à agir sans abandonner la pensée. Leur mémoire lie directement la culture valren à l’Éther, à Solvoris et à l’idée que la connaissance n’a de valeur que si elle sert à comprendre, préserver et transmettre.
Leur culte ne se limite pas à l’adoration. Il fonctionne aussi comme une exigence morale. Les Valren ne les honorent pas seulement pour ce qu’elles sont devenues, mais pour la manière dont elles ont étudié, enseigné et protégé avant leur divinisation.
Cette relation explique pourquoi leur réussite n’est pas utilisée comme justification de nouvelles tentatives. Pour beaucoup de Valren, chercher à reproduire leur ascension revient à trahir leur héritage : l’important n’est pas de devenir ce qu’elles sont devenues, mais de comprendre pourquoi elles seules ont pu le faire sans provoquer la ruine.
7. Liens historiques documentés
7.1 Divinisation de 301
Le premier événement majeur associé à Kreth’Varn et Yd’Vael est leur propre divinisation en 301. Le rituel marque la fin de leur existence mortelle sous les noms de Midas et Magus, et l’apparition des deux Immortelles dans les traditions valren.
L’événement reste entouré d’interdits. Les sources publiques reconnaissent l’existence du rituel, mais ne décrivent pas les artefacts nécessaires ni les conditions exactes du passage.
7.2 Naissance indirecte des Daekhirs
La réussite de Midas et Magus rendit pensable l’idée d’une ascension mortelle. Plusieurs siècles plus tard, quatre Mortels tentèrent de reproduire une divinisation comparable. Leur échec donna naissance aux Daekhirs, puissances corrompues associées au Chaos.
Kreth’Varn et Yd’Vael ne sont pas tenues responsables de cette catastrophe, mais leur existence demeure liée à cette question sensible : une connaissance juste peut devenir un modèle destructeur lorsqu’elle est imitée sans justesse.
7.3 Bannissement des Daekhirs
En 2720, à la fin de Dra’Voïna, Kreth’Varn et Yd’Vael interviennent contre les Daekhirs depuis le plan Immortel. Les traditions les plus répandues leur attribuent la victoire finale, le bannissement des Dieux du Chaos et la création de leur prison.
Les Mortels auraient perçu les effets de cette intervention par la disparition simultanée des derniers ravages daekhiriens : malédictions, catastrophes, anomalies et influences résiduelles auraient cessé ou se seraient brutalement effondrées.
7.4 Amïegor Tchouvak
La bataille finale entre les deux Immortelles et les Daekhirs aurait été documentée par Amïegor Tchouvak, figure controversée associée à l’étude du Peygh, langage prêté aux Immortels.
Ses écrits constituent une source rare, mais difficile à manier. Les historiens débattent de leur statut : témoignage direct, traduction théologique, reconstruction visionnaire, ou trace d’un phénomène qui dépasse les méthodes ordinaires d’archive.
8. Varn’Dhaekyr et les Dragons élémentaires
La dimension-prison créée pour enfermer les Daekhirs est connue sous le nom courant d’Abîme Scellé. Les traditions valren emploient le terme Varn’Dhaekyr.
Varn’Dhaekyr est généralement décrite comme une dimension à part entière, créée par Kreth’Varn et Yd’Vael après leur victoire sur les Daekhirs. Elle n’est pas considérée comme une simple cage ou un lieu caché du plan Immortel, mais comme une structure cosmologique destinée à maintenir des divinités corrompues hors d’atteinte du plan Mortel comme du plan Immortel ordinaire.
Sa garde est confiée aux Dragons élémentaires, Immortels mineurs liés à plusieurs forces du monde :
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Givre ;
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Cendre ;
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Marée ;
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Roche ;
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Foudre ;
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Souffle ;
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Sève ;
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Aurore.
Les Dragons élémentaires sont également associés, dans les traditions post-Dra’Voïna, à l’apparition des trois dernières races mortelles : les Sevrin, les Drakhil et les Myrrhoï. Ce lien est généralement traité comme une conséquence indirecte de la fin de la Grande Guerre et de la réorganisation cosmologique provoquée par la création de Varn’Dhaekyr.
9. Névorh, dit le Dévoreur
Névorh, dit le Dévoreur, appartient aux traditions les plus tardives associées à Kreth’Varn et Yd’Vael.
Il est présenté comme une création postérieure à Dra’Voïna, située entre mythe théologique et prophétie apocalyptique. Son rôle serait lié au Nébyr, lecture valren du vide primordial et du retour final.
Dans les récits les plus répandus, Névorh serait destiné à détruire toute chose lorsque l’équilibre cosmique ne pourra plus être maintenu, afin de ramener l’univers vers le Nébyr. Cette perspective ne relève pas d’une destruction gratuite, mais d’un retour ultime à l’origine potentielle.
Les écoles les plus prudentes refusent toutefois d’en faire une certitude. Névorh peut être lu comme :
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une entité réelle créée par les deux Immortelles ;
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une prophétie valren sur la fin des cycles ;
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une personnification du retour au Nébyr ;
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une mise en garde contre l’instabilité cosmique ;
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une projection théologique née après le traumatisme de Dra’Voïna.
Son surnom, “le Dévoreur”, nourrit souvent des interprétations sombres. Les traditions valren les plus anciennes insistent cependant sur sa fonction d’équilibre final plutôt que sur une simple image de monstruosité.
10. Rapport au Nébyr et au Pestï
Le Nébyr et le Pestï doivent être distingués.
Le Pestï désigne un concept cosmologique général lié au vide, au potentiel et aux contradictions premières du réel. Le Nébyr correspond à une lecture valren plus spécifique : un vide primordial capable de précéder la création et d’en recevoir le retour final.
Kreth’Varn et Yd’Vael sont rattachées au Nébyr par plusieurs traditions, en particulier à travers les travaux mortels de Midas et Magus sur les théories anciennes de l’Éther. Leur divinisation n’est pas présentée comme une fusion avec le Nébyr, mais comme une compréhension extrême du lien entre possibilité, forme, Éther et seuils.
Le cas de Névorh renforce cette association. S’il est bien une création des deux Immortelles, alors leur rapport au Nébyr ne se limite pas à une théorie philosophique : il devient un mécanisme possible de fin cosmique.
11. Statut actuel
Kreth’Varn et Yd’Vael sont toujours considérées comme actives dans le plan Immortel.
Elles peuvent, selon la plupart des traditions, répondre aux prières ou accorder une forme d’attention aux Mortels. Les récits de manifestation directe restent toutefois absents ou rejetés par les sources prudentes. Leur présence se ferait plutôt par intuition, apaisement, clarté intellectuelle, protection indirecte ou résolution intérieure face à un choix éthérique.
Elles n’agissent plus directement sur le plan Mortel. Cette retenue est généralement comprise comme une extension de leur philanthropie : protéger les Mortels sans gouverner leur liberté.
La surveillance active de Varn’Dhaekyr relève des Dragons élémentaires. Les champions de l’Étoile des Sept, quant à eux, sont liés à la garde des tombeaux des Exarques, et non à la dimension-prison des Daekhirs elle-même.
12. Points contestés et zones d’ombre
Nature exacte de leur divinité
Kreth’Varn et Yd’Vael sont issues d’une divinisation mortelle réussie. Leur statut d’Immortelles est admis, mais la nature exacte de cette transformation reste hors d’atteinte des méthodes ordinaires.
Rôle précis en 2720
La tradition dominante leur attribue le bannissement des Daekhirs et la création de Varn’Dhaekyr. Les détails de la bataille finale reposent sur des sources rares, dont les textes d’Amïegor Tchouvak.
Fiabilité d’Amïegor Tchouvak
Ses écrits sont précieux, mais leur nature demeure débattue. La question centrale reste de savoir comment un Mortel — ou une figure issue du plan Mortel — aurait pu documenter un affrontement entre Immortels.
Nature du Peygh
Le Peygh est présenté comme le langage des Immortels. Les traductions disponibles sont fragmentaires, incertaines et souvent traversées de commentaires théologiques.
Statut de Névorh
Névorh peut être compris comme entité réelle, prophétie, personnification ou avertissement métaphysique. Aucune lecture ne s’impose définitivement.
Les quatre artefacts du rituel
Les artefacts créés par Midas et Magus auraient permis leur divinisation. Leur identité reste absente des synthèses publiques, bien que leur existence soit généralement admise dans les traditions savantes. Les Daekhirs les auraient utilisés lors de leur propre tentative, ce qui rend leur recherche particulièrement dangereuse.
Limite de leur intervention actuelle
Kreth’Varn et Yd’Vael peuvent répondre aux prières, mais ne se manifestent pas directement. Cette limite est interprétée comme un choix moral, sans exclure d’autres explications : loi cosmique, prudence, impossibilité partielle, ou refus d’ajouter une dépendance divine au destin des Mortels.