Iyībnad
1. Résumé
Iyībnad est une déité dite “originelle”, associée aux ténèbres, à l’apparition des Istota sur Ciem’rak, et à une influence psychique décrite comme une voix : impulsions de paranoïa, de faim (absorption), et de culpabilité. Contrairement à certaines divinités émergentes liées à un culte, Iyībnad est généralement considérée comme indépendante de la vénération : sa présence est décrite comme stable, tout en pouvant être renforcée par l’attention mentale que lui portent les mortels (crainte, mémoire, obsession).
2. Statut et existence
Les sources karokh traitent l’existence d’Iyībnad comme un fait établi, en s’appuyant sur des éléments jugés observables et reproductibles. Plusieurs indices sont régulièrement cités :
Portails dimensionnels à “signature Iyībnad” : apparitions documentées de portails présentant des caractéristiques éthériques considérées comme spécifiques et reconnaissables.
Corrélation avec la présence des Istota : les Istota sont attribués à Iyībnad comme produit direct de sa manifestation sur Ciem’rak.
Phénoménologie de la “voix” : les Karokh rapportent une influence interne comparable à celle ressentie à proximité des Istota ou des portails associés, avec une similarité jugée suffisamment stable pour être considérée comme un marqueur.
À la différence d’une déité née d’un culte, Iyībnad n’est pas “optionnelle” dans les sociétés qui documentent l’histoire de Ciem’rak : on peut refuser d’en faire un objet religieux, mais il est difficile, dans ces cadres, d’en nier l’existence sans nier simultanément des événements et des traces matérielles attribuées aux portails et aux Istota.
3. Domaine et dogme attribués
Iyībnad est couramment rattachée aux domaines suivants (dans les archives et traditions karokh) :
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Obscurité durable : attribution d’une influence sur l’environnement lumineux de Ciem’rak, incluant l’idée que les lunes n’en reflètent qu’une lumière minimale.
Prédation / absorption : impulsion à absorber la force vitale et, dans certaines lectures, à adopter un comportement carnassier.
Paranoïa et méfiance : recommandation récurrente de suspicion, isolement, élimination préventive.
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Culpabilité : mécanisme décrit comme un retour coercitif lorsque l’individu résiste à l’impulsion de prédation.
Les sources ne décrivent pas un “dogme” au sens liturgique (absence de culte public stable), mais plutôt une tendance prescriptive : “se nourrir, se renforcer, éliminer les risques”. Dans les sociétés karokh actuelles, cette tendance est explicitement classée comme tentation à combattre (et non comme principe moral), bien qu’il soit admis que des individus ou groupuscules puissent y céder.
4. Origine et diffusion
Iyībnad est présentée comme active dès les premiers temps de l’histoire de Ciem’rak, avec une apparition rapide des Istota dans les récits. Il n’existe pas de “première date” consensuelle : le nom et la notion sont traités comme une donnée ancienne, transmise tôt.
Le nom Iyībnad est décrit comme un termeterme d’origine Istota, appris puis transmis par la Tusk aux Karokh. Les sources ne documentent pas de variantes orthographiques établies (au contraire de certains théonymes diffusés par des cultes multiples).
La diffusion du concept est forte dans les cultures directement concernées (Karokh, et cercles d’étude de Ciem’rak), mais ne prend pas nécessairement la forme d’une dévotion : Iyībnad est plus souvent “connu” que “prié”.
5. Fidèles et pratiques
5.1 Fidèles
L’existence d’un culte organisé d’Iyībnad est plausible mais peu documentée : les hypothèses dominantes évoquent des groupuscules clandestins.clandestins. Les profils le plus souvent cités sont :
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Karokh dissidents (minorités refusant de s’affranchir de la culpabilité, ou revendiquant la prédation comme “vérité”).
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Certaines communautés yshaïm (hypothèse : sensibilité particulière aux traces Istota), sans qu’il existe de consensus sur l’ampleur du phénomène.
Ces groupes, lorsqu’ils existent, sont décrits comme petits, secrets, et difficiles à infiltrer. L’Inquisition Larmoyante est supposée les traquer dès qu’un faisceau d’indices apparaît, mais les archives mentionnent surtout des traces et des suspicions plutôt qu’une guerre ouverte durable contre un culte identifié et stable.
5.2 Rituels
Les pratiques attribuées aux cultes clandestins d’Iyībnad sont décrites comme opératoires et violentes, centrées sur l’idée de “retour à la prédation” :
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Absorption vitale criminelle (hors consentement / hors cadre rituel admis).
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Sacrifices (au sens de mise à mort ou d’offrandes vitales) visant une intensification de l’influence perçue.
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Cannibalisme rituel (hypothèse récurrente, difficile à établir hors témoignages indirects), interprété comme imitation des comportements Istota anciens.
Les sources insistent généralement sur le fait que ces rituels servent moins à “honorer” Iyībnad qu’à reproduire ce qu’on lui attribue : faim, renforcement, élimination des limites.
5.3 Tabous
Lorsqu’un culte est décrit, ses tabous implicites apparaissent en négatif de la société karokh :
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l’L’abstinence ou la retenue face à la prédation (perçues comme faiblesse), laLa compassion pour la proie (perçue comme déni de la “vérité”),toute forme de cadre légal ou de réparation (perçue comme entrave).
6. Rapport aux Karokh
Dans la doctrine dominante karokh, Iyībnad est à la fois :
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unUn fait d’origine (cause de l’existence des Istota, et donc contexte ayant rendu possible l’émergence karokh), uneUne source de honte historique (héritage imposé),puis,Puis, au fil du temps, un ennemi (entité perçue comme maintenant ou réactivant des impulsions destructrices).
La position officielle peut se résumer ainsi : Iyībnad est une réalité qu’on n’ignore pas, mais qu’on ne sert pas. Si la destruction directe d’Iyībnad était possible, les Karokh la considéreraient généralement comme légitime, sans que les moyens actuels permettent de la formuler autrement qu’en objectif théorique.
7. Liens historiques documentés
Les événements le plus souvent reliés à Iyībnad sont :
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L’apparition des Istota sur Ciem’rak (attribution centrale).
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La figure de Baghūla’ (Istota majeur, donc rattaché à Iyībnad par filiation).
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Des témoignages de “voix” lors de décisions critiques : incitations à se renforcer par prédation, à abandonner les faibles, ou à traiter l’altérité comme ressource.
Certains acteurs externes ont tenté d’exploiter l’origine “iyībnadienne” des Istota (et, par extension polémique, l’origine karokh) comme argument politique ; les archives karokh traitent ces usages comme des rationalisations tardives plutôt que comme des causes premières.
8. Statut actuel (latence et scellement des portails)
Les sources récentes tendent à décrire Iyībnad comme latente : absence d’expansion manifeste au-delà de Ciem’rak, raréfaction (ou disparition) des portails observés, mais persistance intermittente de la “voix” dans la conscience karokh.
Un point majeur apparaît dans certaines traditions : le scellement du dernier portail associé à Iyībnad, attribué à deux figures : Dame Soleil (largement connue) et Amj’gr Txüvhk (beaucoup plus obscure). L’interprétation dominante est la suivante : Iyībnad n’aurait pas été atteinte “directement”, mais son capacité d’ouverture de portails aurait été durablement entravée, réduisant son champ d’action sans l’annuler.
À noter : l’absorption de Baghūla’ par la Tusk est généralement considérée comme sans effet direct sur le statut métaphysique d’Iyībnad (événement distinct, impact surtout politique et militaire).
9. Points contestés et zones d’ombre
Malgré un consensus fort sur l’existence d’Iyībnad, plusieurs questions restent débattues :
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Nature de la “voix” : influence externe active, ou trace interne stable implantée dans la conscience (hypothèse dominante : influence interne infiltrée, comparable chez les Istota et chez la Tusk).
Fonction de l’influence : pure prédation destructrice, ou mécanisme amoral de survie (lecture minoritaire : l’injonction au renforcement pourrait être “bénéfique” au sens strict, sans souci moral).
Lien exact avec l’obscurité planétaire : influence directe sur la dynamique lumineuse, ou corrélation via l’écologie éthérique de Ciem’rak.
Rôle réel des cultes : Iyībnad est indépendante de la vénération, mais la question du renforcement par attention mentale (peur, mémoire, obsession) demeure discutée en termes de seuils et de mécanismes.
