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Le Miroir de Pureté

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1. Résumé

Le Miroir de Pureté est une secte mystique velkris connue de longue date par rumeurs, dossiers d’enquête et récits de victimes, mais dont les contacts directs restent rarissimes. L’organisation est décrite comme hautement structurée, mobile et clandestine, au point que la plupart des “rencontres” recensées se limitent à des scènes d’atrocités, des traces rituelles et des fragments de témoignages.

Au regard des synthèses institutionnelles les plus récentes, le Miroir est considéré comme éradiqué avant le 35e siècle, à l’issue d’une traque multi-siècles culminant entre la fin de l’Ère des Traités et le tout début de l’Ère de la Conquête.

 

2. Sources et prudence de lecture

Les sources disponibles sont nombreuses mais rarement décisives : la plupart documentent des incidents, des signatures matérielles et des éléments de doctrine, sans jamais permettre l’identification durable d’une hiérarchie (aucun procès public exploitable, aucune capture “haute” attestée).

On distinguera :

  • Faits attestés : origine sur Gorathun ; association explicite à Shaffer ; vocabulaire doctrinal récurrent (pureté, anomalie, gène) ; signature matérielle (lames/armes à reflet minéral déformé) ; traque ancienne et durable ; statut final d’éradication avant le 35e siècle.

  • Éléments probables : résurgences successives d’une idéologie (plutôt qu’une institution continue) ; effectifs limités mais suffisamment mobiles pour durer ; destruction finale obtenue par attrition plutôt que par “décapitation”.

  • Éléments controversés : liens avec l’aristocratie velkris ; nature exacte de la structure (cercle de commandement vs cellules autonomes) ; portée réelle d’un schisme radical.

Zone d’écart entre versions : les institutions anti-sectes emploient fréquemment “Dégénérés” comme étiquette hostile et opérationnelle. Le terme agit à la fois comme injure (déshumanisation) et comme rappel ironique de l’obsession génétique du culte — ce qui peut faciliter la justification de mesures d’exception, tout en brouillant l’analyse en “monolithisant” des résurgences possiblement distinctes.

 

3. Origine, implantation et désignation

3.1 Lieu d’émergence

L’origine sur Gorathun est considérée comme authentique. Les premières traces convergentes décrivent un acte ancien attribué au culte (ou à un prototype), associé à une signature matérielle devenue emblématique : l’usage d’armes ou d’outils tranchants dont la matière minérale présente un reflet déformé (fonctionnel comme miroir très imparfait).

 

3.2 Nom et statut public

  • Miroir de Pureté : dénomination la plus “publique” (au sens où elle circule dans les archives, la rumeur et les dispositifs de traque).

  • Gardiens du Gène : auto-désignation interne (formule d’appartenance : “tu es un Gardien…”).

  • Dégénérés : terme institutionnel hostile, devenu un marqueur rhétorique de rejet et un raccourci administratif.

 

4. Doctrine attribuée

4.1 Thèse centrale

La doctrine du Miroir est décrite comme strictement biologique : il existerait une pureté de la race à préserver, et toute “anomalie” (exceptions de filiation, hybridations interraciaux rarissimes, transmissions inversées, etc.) représenterait une menace.

À cette logique s’ajoute une xénophobie doctrinale : sont typiquement classées comme “intolérables” les races jugées non issues de la reproduction mortelle ordinaire (récits d’intervention divine, filiation liée aux Istota, races artificielles), ainsi que les races apparues après la Grande Guerre. Les sources associent les résurgences du culte à des enlèvements infantiles, meurtres rituels et violences sexuelles, décrits sans cohérence “politique” globale autre que la purge.

 

4.2 Divinité associée — Shaffer

L’association à Shaffer est attestée et constitue l’un des rares points de convergence forte entre dossiers. Shaffer est décrit comme une figure de grâce et pureté d’un côté, et de punition du souillé de l’autre : une ambivalence cohérente dans la doctrine (pureté comme idéal, rejet comme nécessité).

 

4.3 Lectures divergentes

  • Lecture doctrinale (dominante) : eugénisme violent et obsession du gène ; le religieux sert de moteur et de justification.

  • Lecture sociopolitique (externe) : la secte serait une excroissance extrême de tensions velkris plus larges ; cette lecture est débattue car elle tend à “politiser” un groupe qui se présente plutôt comme absolu, sacralisé, et non négociable.

  • Lecture “présage” (minoritaire) : l’anomalie génétique serait interprétée comme signe d’un basculement éthérique ; cette hypothèse explique certains slogans, mais demeure difficile à établir.

 

5. Composition et effectifs

L’estimation la plus courante évoque quelques milliers d’adeptes à l’échelle galactique au plus fort de ses résurgences, mais avec une organisation en micro-cellules et une mobilité élevée. Cette fourchette est compatible avec deux constats : la rareté des contacts directs (cellules petites) et la persistance sur de longues périodes (capacité de reconstitution idéologique).

Les périodes de “pause” sont interprétées comme des phases où la secte manque de moyens humains/logistiques, ou subit une pression trop élevée pour agir. L’Ère de la Grande Guerre est généralement considérée comme une dormance majeure par contrainte.

 

6. Actions et chronologie (par ères)

6.1 Astra’Lud — Ère du Prélude (0–250)

Repère “An 104” (contesté). Plusieurs enquêtes tardives citent un acte daté aux environs de l’An 104 comme premier marqueur. La lecture prudente retenue est la suivante : l’acte est probablement réel, mais son statut de “premier” relève surtout d’un marqueur narratif (premier cas suffisamment conservé/utile pour reconstruire une origine), dans un contexte où l’organisation aurait déjà pu exister sous formes embryonnaires.

 

6.2 Sôl’Vorys — Ère de la Raison (250–370)

Période pauvre en traces exploitables : soit la secte est inactive, soit les archives sont fragmentaires, soit les actes ne sont pas encore reconnus comme appartenant à une même grammaire.

 

6.3 Orph’Vyn — Ère du Voyage (370–580)

Les mentions restent sporadiques. La signature “réfléchissante” est rarement datée avec fiabilité, ce qui nourrit l’hypothèse d’une idéologie encore diffuse et non stabilisée.

 

6.4 Kharat’Dôr — Ère de la Prospérité (580–1340)

Période généralement retenue comme naissance “fonctionnelle” du Miroir : l’ouverture interplanétaire et la multiplication des contacts rendent l’idéologie opératoire (cibles identifiables, déplacements possibles, réseaux d’information). Les dossiers associent à cette période les premières occurrences nettes du terme “Miroir” et un ancrage plus clair autour de Shaffer.

 

6.5 Kyr’Rupta — Ère de la Rupture (1340–1960)

Tentatives contre les Varnaya (faits rapportés et recoupés).
Des rapports varnaya et des dossiers de traque attribuent au Miroir des actions répétées contre des communautés varnaya, perçues comme artificielles et donc intolérables. Les actions sont décrites comme des échecs, mais elles déclenchent une intensification durable des dispositifs anti-sectes dans plusieurs juridictions.

Épisodes parallèles (580–1960) : des dossiers secondaires attribuent au Miroir des crimes ciblant aussi des communautés Yshaïm, Erelith et Karokh, selon une logique de “purge d’anomalie” et non de conquête.

 

6.6 Dra’Voïna — Ère de la Grande Guerre (1960–2720)

Dormance majoritaire.
La secte est généralement considérée comme en repli : l’environnement de guerre totale réduit les marges d’action, et la survie devient prioritaire.

 

6.7 Arkh’Trakt — Ère des Traités (2720–3350)

Réapparition, puis bascule vers la traque totale.
Après 2720, des archives décrivent une reprise d’activité dans un contexte de reconstruction. Les cibles s’élargissent et certaines affaires prennent un retentissement interplanétaire, ce qui déclenche une montée en puissance progressive de la répression.

À partir du 28e siècle, l’Inquisition Larmoyante devient particulièrement active, et la traque s’intensifie jusqu’au 32e siècle : l’objectif n’est plus de “comprendre”, mais d’assécher la secte (réseaux, caches, relais, financement, mobilité, armes, rites).

Point clé : la victoire ne repose pas sur une capture de chefs, mais sur une attrition (coupures logistiques, surveillance, neutralisations successives, destruction de caches). Ce mode opératoire explique pourquoi l’éradication n’a pas produit de dévoilement structurel.

 

6.8 Zyl’Podar — Ère de la Conquête (3350–4170)

Opérations terminales avant le 35e siècle.
Les synthèses les plus admises situent la fin du Miroir au tout début de l’Ère de la Conquête, dans une fenêtre compatible avec l’amorce des programmes de vaisseaux à hyper-étherium (construction/standardisation) : l’idée dominante est qu’une menace de ce type devait être supprimée avant l’élargissement des frontières.

La période 3370–3395 est fréquemment citée comme horizon plausible des opérations finales (dates exactes souvent absentes ou expurgées). Le résultat est présenté comme un fait : plus aucune trace exploitable, plus d’incidents attribuables avec cohérence, et neutralisation des derniers agents identifiés.

 

7. Répressions et traques

7.1 Adversaires

Le Miroir est décrit comme un ennemi unanimement rejeté. L’Inquisition Larmoyante conduit l’essentiel des efforts. La Milice Hurlante intervient ponctuellement lors d’événements dépassant les capacités locales ou menaçant l’ordre interplanétaire.

 

7.2 Méthode de victoire : attrition

La doctrine et la clandestinité du Miroir rendent la “décapitation” improbable : pas de procès, pas d’aveux, peu d’exploitation de terrain. La traque s’oriente donc vers :

  • neutralisations successives d’agents,

  • destruction de caches et de matériels,

  • fermeture des filières de mobilité,

  • réduction des relais financiers supposés,

  • mise sous pression de toute zone “compatible” avec la doctrine.

 

7.3 Clôture et classification du dossier

La clôture institutionnelle est souvent expliquée par un cumul de facteurs :

  • preuves traumatiques (risque de diffusion, d’imitation idéologique, ou de traumatisme public),

  • classifications pour protéger méthodes et réseaux d’informateurs,

  • compromissions politiques : plusieurs affaires laissent supposer que des acteurs influents ont pu être liés (financement, protection, silence). Après l’éradication, certains noms disparaissent des registres ou connaissent des “accidents” jugés plausibles mais étrangement imparfaits (trop d’angles morts, trop de coïncidences), alimentant la suspicion sans jamais la confirmer.

 

7.4 Statut actuel

Le Miroir de Pureté est considéré comme éradiqué avant le 35e siècle. Toute référence explicite au culte, toute possession de fragments doctrinaux, ou toute proximité revendiquée est généralement classée comme une menace extrême et traitée par une répression immédiate.

 

8. Rumeurs et accusations

  • Financement aristocratique velkris (probable, non prouvé) : hypothèse récurrente, systématiquement démentie ; elle persiste car certaines affaires historiques ont déjà mis en cause des élites finançant des opérations illégales.

  • Schisme radical “mono-race” (traces faibles) : un noyau ultra-restreint aurait durci la doctrine jusqu’à ne reconnaître comme “légitime” qu’une seule race. Les preuves sont trop fragmentaires pour stabiliser une narration, mais certains actes “hors-norme” semblent aller dans ce sens.

 

9. Héritage et confusions

9.1 Héritage direct

L’héritage du Miroir est moins institutionnel que mémétique : une grammaire doctrinale (pureté/anomalie/gène), une figure divine (Shaffer), des signatures rituelles et une rhétorique de purge.

 

9.2 Résurgences successives

La lecture dominante décrit le Miroir comme une succession de structures : il “meurt”, se replie, puis renaît, en reprenant un mythe fondateur et des pratiques de reconnaissance. Cette discontinuité explique l’antiquité revendiquée et l’absence d’archives centrales stables.

 

9.3 Influence résiduelle (mineure)

Après l’éradication, il n’est pas retenu l’existence d’“imitateurs” structurés (la répression rendrait ce type de continuité improbable). En revanche, des idées (racialisme, eugénisme, obsession de la pureté) peuvent persister de manière diffuse, clandestine et non organisée : elles ne sont pas “le Miroir”, mais elles peuvent en rappeler certains marqueurs lexicaux, ce qui suffit à déclencher des mesures violentes de prévention.

 

9.4 Reliques et fragments

Quelques reliques plausibles (armes, symboles, fragments écrits) peuvent subsister, non comme preuve d’une survie, mais comme résidus matériels d’une traque qui a privilégié l’élimination à l’étude. Les institutions tendent à saisir et détruire, ce qui rend ces objets rares et fortement criminalisés.

 

10. Glossaire

Miroir de Pureté : nom circulant dans les archives et la rumeur.
Gardiens du Gène : auto-désignation interne (formule d’appartenance).
Dégénérés : étiquette institutionnelle hostile et opérationnelle.
Anomalie : exception biologique (filiation, transmission, hybridation rarissime, etc.) classée comme souillure.
Shaffer : divinité associée à la pureté et au rejet punitif de l’impur.
Gorathun : planète d’émergence attribuée.
Istota : catégorie d’êtres liés à des origines monstrueuses, régulièrement citée dans les doctrines d’extermination du culte.

 

11. Points contestés et zones d’ombre

Nom : “Miroir” (public) vs “Gardiens” (interne) ; stabilité des usages selon les ères.
An 104 : premier acte réel vs repère narratif devenu canon d’enquête.
Hiérarchie : cercle de commandement invisible vs cellules autonomes sans chefs identifiés.
Effectifs : “quelques milliers” (hypothèse cohérente) vs surestimation liée au modus operandi.
Pauses : dormances contraintes (retenu) vs effacement volontaire (moins retenu).
Lien aristocratique : probable par logique de moyens, non prouvable faute de captifs et de traces comptables.
Schisme radical : existence plausible (traces + actes plus extrêmes), sans narration stabilisée.
Clôture du dossier : classification pour raisons méthodologiques et traumatiques vs dissimulation de compromissions.
Corpus : fragments authentiques mais trop courts pour figer une liturgie ou une chaîne d’autorité.